Elle arrive !

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Elle arrive !

Elle arrive, elle arrive, la révolution ! 

Tiens, encore un coup de publicitaires qui tentent de nous refourguer leur dernier produit, se dit-on. Mais pas cette fois. Aujourd’hui, ce sont des geeks faussement décontractés et perroquets d’État qui font sonner leurs trompettes : une nouvelle « révolution numérique » serait en marche avec l’arrivée prochaine de la 5G. La Corée du Sud a été la première à inaugurer sa commercialisation à l’échelle d’un pays en avril, tandis que les ÉtatsUnis, la Chine et le Japon devraient lui emboîter le pas ces prochains mois (dans telle ville ou telle région), suivis par le vieux continent l’année prochaine.


Quelques réflexions suite au procès contre des anarchistes en Belgique

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Quelques réflexions suite au procès contre des anarchistes en Belgique

Avec quelques autres anarchistes, j’étais appelé à comparaître devant un tribunal de l’État belge, accusé principalement de faire partie ce qui était, au début de la longue enquête, qualifié d’« organisation terroriste », mais a finalement été requalifié en « association de malfaiteurs ». Je n’écris pas ces lignes pour entamer un quelconque dialogue indirecte avec les institutions de l’État, ni pour raconter ma vie, mais tout simplement pour déchirer le voile de silence que l ́État pourrait vouloir jeter sur d’éventuelles condamnations. 

Sans victoire ni défaite

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Sans victoire ni défaite

«Les anarchistes ont toujours perdu, ils n'ont jamais rien gagné». Il n'est pas rare d'entendre de telles phrases, même parmi les ennemis de l'autorité, pris d’hésitation ou de remords. Ce genre de sentences définitives vient même parfois apostropher les débats sur les luttes récentes, quand elles ne s’immiscent pas à coup sûr dans les débats sur les contributions des anarchistes lors de soulèvements, insurrections et révolutions d’un passé désormais révolu. Songeant aux fières colonnes de joyeux miliciens anarchistes, brandissant armes, drapeaux et entonnant des chants pour soulever les cœurs, qui quittaient Barcelone en ce juillet 1936, on pousse alors un soupir nostalgique qui nous mène droit à la mélancolie si caractéristique de beaucoup d’anarchistes – selon un célèbre chanteur –, pour fatalement conclure : « Nous perdrons toujours, nous sommes les moutons noirs de l’histoire ».


Attaque !

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Attaque !

Chaque matin, la sonnerie du réveil m’arrache de mon sommeil. Premier acte : j’allume mon téléphone portable.
Avec les satellites, les nœuds de communication, les antennes etc, mon portable se synchronise avec ceux de tous les autres. Nous vivons la même vie en même temps. Connecté à internet, quelque chose d’invisible me transperce, mon téléphone envoie et reçoit en permanence. Une fois que le rythme de la nuit est tué par la sonnerie et que je me synchronise avec le monde connecté, un autre temps domine.

Invisible mais vrai

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Invisible mais vrai

Il n’aura pas échappé à certains que les Champs-Elysées en flammes de samedi dernier peuvent être considérés comme une magnifique commémoration de la Commune de Paris. Qui sait combien y ont pensé. «  Paris respirait !… Partout s’agitait une vie intense… Adieu au vieux monde et à la diplomatie » écrivait Louise Michel à propos des événements qui ont débuté le 18 mars 1871 à Paris. « La Commune a été la plus grande fête du XIXe siècle » – commentèrent un siècle plus tard les situationnistes. « Ça a été fantastique, d’une joie impressionnante » – nous a écrit un anonyme compagnon à propos du 16 mars 2019 à Paris. L’ivresse de la révolte, dans l’assaut contre le pouvoir et ses petites mortifications quotidiennes, est un plaisir qui n’a pas besoin de chefs… Ah oui, au fait, et les chefs ?

La liberté vient toujours avec un couteau entre les dents

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La liberté vient toujours avec un couteau entre les dents

Regardez autour de vous, mais faites-le avec vos propres yeux. Voyez-vous comment la planète est devenue une gigantesque poubelle industrielle ? Voyez-vous comment les États étranglent les esprits et portent la guerre et le massacre partout ? Voyez-vous comment tout repose autour de nous sur l’exploitation et l’oppression de milliards de personnes ? Pouvez-vous encore compter les millions de morts de cet immense bain de sang sur lequel ce monde a construit ses gratte-ciels, ses supermarchés et ses usines ? Les affamés, les noyés, les massacrés, les bombardés, les irradiés, les torturés, les voyez-vous toutes ces piles de cadavres entassés ?

La coupure est possible

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La coupure est possible

Si le silence fait peur, c’est peut-être parce que l’absence de bruits familiers tend à nous renvoyer à nous-mêmes. Quand on avance dans l’obscurité trop silencieuse, il n’est pas rare qu’on se parle, qu’on siffle un petit refrain, qu’on réfléchisse à voix haute pour ne pas se trouver en proie à l’angoisse. Cela n’est pas facile et peut même exiger un peu d’exercice, car nos cerveaux ont été conditionnés pour identifier silence avec danger, obscurité avec risque. C’est l’angoisse que provoque le vide, le sentiment de se trouver au bord de l’abîme et de ne pas être capable de détourner les yeux du gouffre qui s’ouvre devant nous. Pourtant, ce sont aussi à ces moments-là qu’on a tendance à se trouver au plus près de soi-même, sans intermédiaire, avec une présence de l’esprit et de l’émotion bien plus affirmée. 

Contre la guerre, contre la paix : en feu les projets du pouvoir !

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Contre la guerre, contre la paix : en feu les projets du pouvoir !

Est-on en temps de paix ? Officiellement, oui. Mais cela fait longtemps que l’expression même de « déclarer la guerre » est devenue obsolète. Les guerres contemporaines ne sont plus « déclarées », elles font partie du quotidien de la gestion des États et des puissances. On les a alors dotées de nouveaux qualificatifs, les uns encore plus trompeurs que les autres. Opération humanitaire. Mission de paix. Opérations anti-piraterie. Frappes chirurgicales. Neutralisations ciblées. Protection des frontières. Lutte anti-terroriste. Il serait donc plus juste de parler aujourd’hui de « guerre permanente ».

Une idée en armes

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Une idée en armes

Expériences anarchistes aux États Unis et en Russie au début du 20ème siècle
 
Un des bastions idéologiques de la domination, c’est son éternité supposée, sa présence pérenne. Pour ne pas être questionnée, elle prétend être comprise et acceptée par tous comme si son existence était inévitable et naturelle. Si l’autorité a toujours existé, naturelle comme le soleil et l’eau, si le besoin de commander et le besoin d’obéir sont aussi inévitables que le besoin de manger et le besoin de dormir, alors toute critique radicale du pouvoir, toute tentative de le renverser, toute désertion de ses rangs, est complètement dénuée de sens. Une idiotie, avant d’être une utopie.

L'ennemi de toujours

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L'ennemi de toujours

Si un jour meurt l’anarchisme, ce sera parce que les anarchistes l’auront eux-mêmes tué. Une affirmation forte, certes, mais quand on y réfléchit un peu plus, pas tant dénuée de signification. Les adversaires de l’anarchie, de l’État aux capitalistes, des prêtres aux autoritaires variés, peuvent la blesser, même grièvement, mais n’ont jamais réussi à l’achever.

Que tourne le vent !

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Que tourne le vent !

« L’éolien industriel n’est jamais que la poursuite de la société industrielle par d’autres moyens. Autrement dit, une critique pertinente de l’électricité et de l’énergie en général ne saurait être autre chose que la critique d’une société pour laquelle produire massivement de l’énergie est une nécessité vitale. Le reste n’est qu’illusion : approbation masquée de la situation présente, qu’elle contribue à maintenir dans ses aspects essentiels. »

Le vent nous porte sur le système, 2009

Une nuit d’orage. Les décharges électriques illuminent le ciel tandis que les coups de tonnerre semblent annoncer la fin du monde. Si cette dernière n’est pas arrivée ce 1er juin 2018 à Marsanne (Drôme), il s’est pourtant bien passé quelque chose cette nuit-là, ou plutôt deux choses, qui ont enfin rencontré un destin inespéré : deux éoliennes ont été attaquées.

Rompre le cercle

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Rompre le cercle

L’enfermement semble paradoxalement nulle part, relégué dans un ailleurs invisible à la foule des coeurs domestiqués et des cerveaux anesthésiés, et pourtant il est partout présent. Dans le sentiment d’asphyxie qui prend à la gorge à chaque pas de travers, comme dans la chaîne à rallonge d’obligations et de sanctions traînée comme un boulet au pied.

Allô, allô ?

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Allô, allô ?

« Les civilisations de masse ont élevé le bruit au rang d’écho collectif. Nous en sommes au point où le bruit rassure. Le bruit a, en effet, plusieurs mérites non négligeables. Il crée une sorte de fausse unanimité et, du même coup, abolit l’individu, engourdit la conscience. Il est cher, pour cette raison même, à l’oreille de la société. Il noie toute signification cohérente dans le chaos d’un parler indistinct. Le bruit est le langage actuel de l’Humanité. » 
Georges Henein, L’esprit frappeur 
 

Pour approcher le sujet aussi complexe que désespérant qu’on appelle souvent « la perte du langage », peut-être pourrions-nous partir d’un quelconque exemple. Quoique très souvent utilisé, ce n’est pas toujours une façon de procéder des plus honnêtes.

Cerfs volants

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Cerfs volants

« N’ayez pas peur des difficultés que vous rencontrez; 
rappelez-vous que le cerf-volant monte toujours 
avec le vent contraire, jamais avec celui en sa faveur »
 
Il y a une guerre à 2 250 kilomètres d’ici. Une guerre combattue à armes inégales. D’une part, l’une des armées les plus redoutables du monde, possédant les armes de guerre les plus modernes et sophistiquées; de l’autre, les survivants d’une population épuisée par une longue occupation.

De l’irrégularité : entre l'analyse et le désir

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De l’irrégularité : entre l'analyse et le désir

« Pas simplement l'amour qui s'adresse à une seule personne, mais l'instinct animal, le désir simple et indifférencié.
Là était la force qui mettrait le Parti en pièces »
George Orwell, 1984
 
Souvent, quand on sent que le calme règne, on s’acharne à tenter d'ébaucher une analyse de la situation. On rentre dans cet ordre du discours qui récite: il manque l'analyse de la réalité, il faut étudier ce qui se passe autour de nous. Et qui ne serait pas d’accord avec ce principe? Pour attaquer un monde qui nous horrifie, il est plutôt sage de savoir ce qui nous provoque du dégoût.

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