En otage

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En otage

La réalité n’a jamais autant pris l’imagination en otage qu’au cours de ces derniers jours. Nos désirs et nos rêves les plus fous sont dominés par une catastrophe invisible qui nous menace et nous confine, en nous liant les pieds et les mains au licol de la peur. Quelque chose d’essentiel se joue en ce moment autour de la catastrophe en cours.

La hantise

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La hantise

Une obsession vicennale imprégnée de fiel. Périodiquement, nous sommes informés de son évolution, lorsqu’elle se manifeste de manière publique. Non seulement parce que cette obsession nous touche malheureusement directement, mais aussi et surtout en raison des effets qu’elle a eus au fil du temps, produisant des miasmes y compris hilarants. Comme tout cela se passe en France, nous ne nous en sommes pas occupés pendant de longues années. Après tout, vu à autant de kilomètres de distance, il s'agit de rien d'autre que de la pénible histoire privée d’un cas humain.

Même les data-centers peuvent brûler…

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Même les data-centers peuvent brûler…

Une info échappée à grand’peine au milieu de l’insoutenable pesanteur quotidienne faite d’urgences et de dispositions décrétées par les autorités.

Mercredi 10 mars à 00h47, un incendie s’est déclaré à Strasbourg au sein de l’un des quatre énormes data-centers de OVH, multinationale française de web hosting (c’est-à-dire de services télématiques). Malgré le déclenchement immédiat de l’alarme et malgré que soient intervenus sur place plus d’une centaine de pompiers — avec l’aide de moyens arrivés jusque de l’Allemagne voisine —, quelques heures plus tard il ne restait plus rien du data-center SBG2. Du silicium aux cendres. Les flammes, avant d’être domptées, ont aussi durement frappé le bâtiment de SBG1, dévastant plus de la moitié de ce dernier.

Transportés par le vent

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Transportés par le vent

En quête assidue d’ « un équilibre entre responsabilité économique, responsabilité Sociale et responsabilité environnementale», le groupe Agsm de Vérone (Italie) est une entreprise qui affirme avoir quelque scrupule de conscience. Son objectif est évidemment d’obtenir du profit, mais elle veut le faire de manière propre, de manière quasi éthique oserait-on dire. Active dans le secteur de l’énergie, cette société ne veut rien avoir à faire avec le pétrole, le gaz ou le nucléaire. Non Monsieur, « puisque le développement durable est dans l’ADN du Groupe Agsm», sa spécialité sera l’exploitation des prétendues ressources renouvelables. Même le soleil, l’eau et le vent peuvent alimenter la Méga-Machine qui est en train de ravager la planète !

A distance du monde

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A distance du monde

Tusais-qui
 
Les saisons changent
les jours sont similaires
divers épilogues
possibles rêves invisibles
routes inconnues
nuits imprévisibles
 
Si la vie a une valeur quantitative, il est évident que la science et la technique deviennent les religions de la domination. Le monde s’arme, progressant vers l’abîme. Aujourd’hui, on admet de façon inéluctable qu’il produise soin et contrôle totalisant contre une maladie incurable. Quelqu’un s’interroge-t-il sur comment la technologie semble à la fois toujours plus à la pointe et incontestable mais en même temps aussi vulnérable ?

« Enfer ou utopie ? »

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« Enfer ou utopie ? »

C’est l’un des nombreux tags apparus près du commissariat du troisième district de Minneapolis, celui qui est parti en fumée la nuit du 28 au 29 mai au cours de la révolte suite à l’assassinat de George Floyd. Ce n’est pas un slogan, ni un appel, et pas non plus un cri de bataille. Pour fomenter et exciter les esprits, le bras armé de l’autorité et sa brutale arrogance y avait déjà pourvu – et le fait encore quotidiennement. Non, cette phrase tracée sur un mur soulève une question. Elle n’adresse pas une demande à l’ennemi (comme l’ironique « vous nous entendez, maintenant ? »), mais pose une interrogation à ceux qui sont descendus dans la rue sur laquelle réfléchir : to hell, or utopia ?

Eternel apprentissage

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Eternel apprentissage

« Sur tous les plans : politique, mœurs, esprit, matière on expérimentera ce qu'il y a derrière le progrès : la mort.
Quel défi !
Ou l'Auschwitz de la nature
Ou le Stalingrad de l'industrie
Toute prédication est inutile. Le progrès ne s'arrêtera que par lui-même, par les catastrophes qu'il engendrera. »
 
Voilà ce qu'écrivait, au milieu des années 70, un poète suisse dont le nom n'apparaît pas dans la liste des précurseurs de la pédagogie des catastrophes si chères aux partisans de la Décroissance. Serge Latouche, leur maître incontesté, s'est toujours déclaré optimiste concernant la capacité des désastres de réveiller la conscience. Oui, mais quelle conscience ?

En otage

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En otage

La réalité n'a jamais autant pris en otage l'imagination qu'au cours de ces derniers jours. Nos désirs et nos rêves les plus fous sont dominés par une catastrophe invisible qui nous menace et nous confine, en nous liant les pieds et les mains au licol de la peur. Quelque chose d'essentiel se joue en ce moment autour de la catastrophe en cours. Ignorez les quelques Cassandre qui lancent des avertissements depuis des décennies, nous sommes désormais passés de l'idée abstraite au fait concret.

Aucune normalité

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Aucune normalité

« Du jamais-vu en vingt ans », a déclaré mercredi 6 mai un haut dirigeant d’une compagnie de téléphonie française. A quoi faisait-il référence ? A la panique nationale qui se déchaîne en cette période de pandémie, aux profits que son entreprise tirera grâce au confinement qui contraint des millions d’usagers à rester coller devant des dispositifs électroniques depuis des semaines, à l’effondrement du niveau de pollution de l’air lié à la quarantaine… ?

La quarantaine ou la mort !?

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La quarantaine ou la mort !?

« Les maladies infectieuses sont un sujet triste et terrible, bien sûr, mais dans des conditions ordinaires ce sont des événements naturels, comme un lion dévorant un gnou ou un hibou saisissant une souris »
David Quammen, Spillover, 2012
 
Ou comme un tremblement de terre qui fait trembler le sol, ou comme un tsunami qui submerge les côtes. Là où ils ne provoquent pas de victimes, ou presque, ces phénomènes ne sont même pas remarqués. Ce n’est que lorsque le comptage macabre commence à grimper qu’ils cessent d’être considérés comme des événements naturels pour devenir d’immenses tragédies.

Une idée formidable

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Une idée formidable

Un fait divers local. On ne sait pas quand, on ne sait pas qui, on ne sait pas pourquoi, mais on sait où. Et cela suffit pour ouvrir le cœur, même si ce qui s’est passé ne semble pas avoir eu beaucoup de succès. Mais, on le sait bien, pour certaines choses, c’est l’idée qui compte.

Délations et leçons

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Délations et leçons

C’est une info qui est tombée hier, selon laquelle près de 72% des Italiens pense —d’après un sondage—  qu’il est juste de dénoncer aux forces de l’ordre les personnes qui ne respectent pas les interdictions anti-pandémie. Seraient notamment dénoncés les éventuels rassemblements ou fêtes de voisins chez eux. Presque trois Italiens sur quatre espionneraient donc les comportements de leurs voisins, prêt à appeler la police lorsque quelqu’un a l’audace de se rencontrer et se divertir entre amis ? Et que dire de tous ces potentiels assassins qui osent aller courir, faire sortir le chien, offrir de l’air libre aux enfants pour jouer —peut-être même avec leurs copains— ?

You'll never riot alone

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You'll never riot alone

Une autre pandémie est aujourd’hui en cours sur toute la planète. L’OMS ne s’en occupe pas le moins du monde, ce n’est pas de sa compétence, et les médias tentent de la passer sous silence ou de la minimiser. Mais les gouvernements du monde entier sont préoccupés par le risque qu’elle implique. Cette pandémie est en train de se diffuser dans le sillage du virus biologique qui remplit aujourd’hui les hôpitaux. Elle se répand là où passe le Covid-19, en somme. Elle coupe également le souffle. La peur de la contagion est en effet en train de provoquer la contagion de la rage. Les premiers symptômes de malaise ont tendance à s’aggraver, se transformant d’abord en frustration, puis en désespoir, et enfin en rage. Une rage suite à la disparition, sur décret sanitaire, des dernières miettes de survie qui restaient.

In corpore vili

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In corpore vili

« Le but de la terreur, et de sa mise en œuvre, est d'extorquer aux êtres humains l'adaptation totale à son principe même, afin qu'eux aussi ne reconnaissent en toute fin qu'un seul but : l'auto-préservation. Plus les humains ont en tête, et sans scrupules, leur survie, plus ils deviennent des marionnettes psychologiques d'un système dont l'unique objectif est de se maintenir au pouvoir »
Leo Löwenthal, 1945
 
Voilà, on y est. Il y a quelques heures, l'état d'urgence sanitaire a été déclaré sur tout le territoire national. Verrouillage quasi total. Rues et places semi-désertes. Interdit de quitter la maison sans motif valable (pour qui ? Mais pour les autorités, bien sûr). Interdit de se rencontrer et de s'embrasser. Interdit d'organiser toute initiative avec même un minimum de présence humaine (des fêtes aux rassemblements). Interdit de rester trop près. Suspension de toute vie sociale.

Danser avec les flammes

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Danser avec les flammes

L’ampleur de la révolte au Chili n’est pas liée à tel ou tel serrage de vis, à tel ou tel groupe, mais à quelque chose de bien plus profond : la soif de liberté. Une liberté partagée qui ne pourra que passer sur le cadavre de la domination — des églises aux partis, de l’économie à la politique en passant par le patriarcat — pour s’affranchir des chaînes de l’existant. Une liberté contagieuse qui ne peut avancer qu’en détruisant tout ce qui fait la misère de nos vies, à travers un négatif d’où pourra surgir quelque chose de complètement différent.

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